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Servir la littérature

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    La pension de la Via Saffi, 22 mars 2017, trad. italien Florence Rigollet, 314 pages, 21,50 €

     

    Retrouver le commissaire Soneri est – déjà après un seul livre traduit en français – retrouver un vieil ami. Ses humeurs mélancoliques, sa lenteur, son goût pour les vins et la cuisine locale, son regard à la fois désabusé et empathique sur ses contemporains, tout chez ce flic nous rappelle un bout de quelqu’un ou de quelque chose : Simenon et Maigret – le toscano (1) remplaçant la pipe – ou Indridason et Erlendur – mais loin de l’Islande vers le sud, en Emilie-Romagne. Ces « emprunts » à des références célèbres sont loin d’être une faiblesse : ils ancrent le lecteur dans la culture classique du roman noir, et le charme qui va avec des retrouvailles littéraires.

    Soneri est sur la piste du tueur (tueuse ?) d’une vieille dame retrouvée morte assassinée dans la pension qu’elle tenait, via Saffi, depuis des décennies. Depuis tellement longtemps que Soneri, dans sa jeunesse, a habité cette pension qui accueillait alors beaucoup d’étudiants modestes. C’est même là – terrible coïncidence – qu’il a connu la femme qu’il a tant aimée et épousée. Ada, morte tragiquement en couches 15 ans plus tôt, et qui hante ses jours et ses nuits depuis. Et l’enfant, mort avec elle.

    Rédacteur

    Léon-Marc Levy

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    A Rome avec Nanni Moretti, mars 2017, trad. italien Karine Degliame-O’Keeffe, 176 pages, 17,50 €

     

    Deux jeunes essayistes romains (l’un né en 1983, l’autre en 1988) tentent, par cet essai à la fois intime et très documenté, de montrer la relation particulière qu’un cinéaste noue avec la Ville éternelle.

    Onze films, de Je suis un autarcique (1976) à Mia madre (2015), se déroulent à Rome, prennent Rome, non seulement comme toile de fond à des intrigues, mais encore comme parties essentielles de la vie d’un cinéaste qui ne peut décemment se passer de sa ville comme on ne peut le faire de sa propre mère. Du Monte Mario à Ostiense, en passant par Nomentana, le quartier Prati, Monteverde (où vécurent Pasolini et le cinéaste lui-même), Garbatella, tout Rome défile, jusqu’à montrer des coins tout à fait périphériques, des vues des bourgs plus éloignés encore. En ce sens, Moretti ne fait là que poursuivre une longue tradition de cinéastes romains puisant à la capitale des pans entiers de leurs films (De Sica, Monicelli, Scola, Emmer, Di Gregorio, Pasolini, Fellini…).

    Rédacteur

    Philippe Leuckx

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    La nature exposée, mars 2017, trad. italien Danièle Valin, 176 pages, 16,50 €

     

     

    Le dernier livre de De Luca est tout à la fois un roman aux divers personnages anonymes, une réflexion sur la mer, la montagne, la sculpture, une fable sur notre destinée, un hymne à la création, un aller-retour de la campagne à la ville aimée, Naples.

    C’est peu dire que ce livre enchante. Autant par son histoire, toute simple, que l’on pourrait prendre pour édifiante, celle d’un sculpteur, quitté par une femme qui lui reprochait sa modestie, et qui se voit chargé de la restauration d’un Christ crucifié, que l’on doit à un artiste disparu, statue qui s’est vu infliger une modification par rapport à l’original. On a en effet couvert la nudité d’un ajout. On a maquillé la gêne, c’est-à-dire la nature, le sexe. Il s’agira donc de renouer avec la sculpture initiale, nue, en marbre, enlever le drapé qui la gauchissait.

    Rédacteur

    Gilles Brancati

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    Le Livre des livres perdus, avril 2017, trad. italien Marguerite Pozzoli, 176 pages, 18 €

     

    Cette enquête passionnante autour de huit livres perdus, égarés ou disparus ou détruits pour diverses raisons, tient de la chasse aux trésors, entreprise par des adultes qui ont gardé l’âme des enfants chasseurs. Pourquoi ne peut-on lire ces œuvres d’auteurs célèbres ou reconnus ? C’est l’objet de cette recherche qui touche des récits, romans ou mémoires des XIXe et XXe siècles.

    Ce livre comporte un avant-propos qui situe les enjeux de la quête fabuleuse, huit récits, une annexe (liste raisonnée des livres cités), un index des références. L’essai s’incruste au scalpel dans l’itinéraire créateur de huit écrivains qui ont, pour des motifs que ce livre argumente, abandonné, censuré, brûlé ou perdu une œuvre d’importance. L’essayiste s’est rendu sur les lieux de la disparition pour mener son enquête : Londres, Florence, Catalogne, Paris, Pologne, Canada, Moscou.

    Les écrivains se nomment Romano Bilenchi, George Byron, Ernest Hemingway, Bruno Schulz, Nicolas Gogol, Malcom Lowry, Walter Benjamin et Sylvia Plath. Des itinéraires sombres pour plus d’un, marqués au sceau du suicide, de la boisson et de la névrose. L’intérêt marquant du livre est de nous faire vivre de l’intérieur ces pages qu’il nous sera impossible de lire mais bien d’imaginer, de rêver, parfois grâce à des découvertes qui tiennent du miracle.

    Rédacteur

    Philippe Leuckx

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    Maison des autres (Casa d’altri), trad. italien Bernard Simeone, 80 p. 6,20 €

     

    Peu de gens ont entendu parler de Silvio D’Arzo et de ce livre minuscule – tout juste une longue nouvelle – qui constitue pratiquement son œuvre. C’est un secret bien entretenu par quelques lettrés italiens et européens et cette nouvelle édition en langue française, par l’excellente maison Verdier, constitue un événement dont il faut que la France littéraire se saisisse !

    C’est un texte prodigieux que nous avons sous les yeux. Certes traduit de l’italien, mais visiblement de manière tellement talentueuse que le choc littéraire ne souffre pas de la version française. Comment un talent pareil a-t-il pu être – et il l’est encore – ignoré ? Silvio d’Arzo est mort à 32 ans, laissant une œuvre réduite à de courts récits, des nouvelles, quelques études. Et, comme un diamant brut, « Casa d’altri », Maison des Autres, qui nous intéresse ici.

    Un village, un hameau, des Apennins. Rude, comme ses habitants. Pauvre, comme ses habitants. Sombre, comme ses habitants. Le narrateur est le curé du village qui veille, comme il peut, sur les misérables âmes qui lui ont été confiées. Dans ce bout du monde, nul ne vient par hasard. Ce n’est pas un lieu, c’est un destin.

    Rédacteur

    Léon-Marc Levy

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    L’Art de la joie, octobre 2016, trad. italien Nathalie Castagné, 800 pages, 14,50 €

     

    Goliarda Sapienza, une Punk avant l’heure…

    L’art de la joie est une manière d’être au monde. Accepter l’existence telle qu’elle est par un lâcher-prise constant, ce que d’aucuns nomment actuellement l’esprit d’enfance. Rester serein quelles que soient les tempêtes auxquelles l’on s’affronte. Et surtout, ne jamais perdre cette foi incorruptible aussi irrévérencieuse que jubilatoire en la vie qu’il nous est donné à chacun de vivre plutôt que de la subir, cette foi qui est le sésame de la liberté individuelle et intérieure dont nous usons en général si peu.

    Car c’est bien de cela dont parle Goliarda Sapienza, véritable Punk avant l’heure, dans L’art de la joie dont la rédaction lui a demandé dix ans (de 1967 à 1976). De son vivant (elle est décédée en 1996), le manuscrit fut refusé par tous les éditeurs. On peut le comprendre. Son auteur, aussi fantasque que son personnage, Modesta, a l’audace de faire sauter les cadenas de la construction littéraire normative, peut-être parce que Goliarda Sapienza est convaincue que « le mal réside dans les mots que la tradition a voulu absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous ».

    Rédacteur

    Mélanie Talcott

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    La femme aux liens, trad. de l'italien Danielle Dubroca, Jean-Paul Manganaro, 252 pages, 14,25 €

     

    Une psychanalyse vue de l’intérieur

    La psychanalyse. Lieu de tous les possibles. Lieu de tous les mots. De tous les maux. Agonie du non-dit ou non-lieu.

    La psychanalyse. Rencontre entre deux personnes. Deux étrangers. Que dire à un étranger ? Comment ? Par où commencer ?

    Rencontre de deux univers, de deux entités distinctes réunies par un artifice, un hasard, un vice caché.

    Michela, enseignante, mal mariée, la quarantaine angoissée. Une femme qui s’éloigne de la vie.

    La psychanalyse, sinon le suicide.

    Rédacteur

    Cyrille Godefroy

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    Dialogues manqués, juin 2017, trad. italien Bernard Comment, 112 pages, 17 €

     

    Trois pièces – genre auquel le public de Tabucchi n’est pas habitué, puisqu’il est essentiellement auteur de romans, de récits et d’études littéraires – composent cet ouvrage posthume. L’auteur de Pereira prétend est mort dans la ville qu’il a tant aimée, en 2012.

    L’un des meilleurs connaisseurs de Pessoa était sans doute bien placé pour imaginer la rencontre de son écrivain portugais fétiche avec une autre sommité du siècle, mais sicilienne, celle-là, Pirandello.

    Monsieur Pirandello est demandé au téléphone imagine la rencontre des deux littérateurs, dans un hôpital psychiatrique en 1935, année même de la mort de Fernando Pessoa. Jouant des réalités et des furtives hypothèses d’une autre instance, Tabucchi tire parti des masques dont Pessoa a tissé ses rapports au lecteur : Monsieur Personne hissant ses « personae » au-dessus des fictions. Le grand théâtre des apparences est là même où se noue la littérature unique de deux monstres qui l’ont révolutionnée au même titre que Proust, Joyce et Svevo.

    Rédacteur

    Philippe Leuckx

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    Le charme des sirènes, octobre 2017, trad. de l'italien par Serge Quadruppani, 341 pages, 21 €

     

    Nous sommes à Milan, l’intrigue tourne autour du meurtre d’un top-modèle à un grand défilé de mode. L’inspecteur Ferraro chargé de l’enquête est lui plutôt issu du milieu populaire et a gardé des amis « peu recommandables » comme Mimmo. « Du calme mon cul, gronda Mimmo à l’adresse du costaud. Déjà, qu’il fait une putain de chaleur et vous avec tout c’te bordel, vous m’avez réveillé ! Même les gamins dans la cour de l’immeuble savaient qu’à certaines heures, il valait mieux éviter de réveiller l’Animal ». Leur relation repose sur un mutuel respect et sur beaucoup de faux-semblants. « Depuis des années, Ferraro faisait semblant de ne pas savoir comment Mimmo gagnait sa vie, lequel Mimmo de son côté, faisait semblant d’être un informateur de Ferraro. Ils étaient clou et L’Animal ».

    En  même temps, dans le sud de l’Italie nous assistons à une rencontre improbable entre Moustache, un clochard, et Aïcha, une enfant immigrée esseulée, à la recherche d’un frère disparu soudainement. Aïcha qui découvre le monde moderne, technique et opulent de l’occident : « Si elle n’avait pas été inquiète pour son frère, il lui aurait semblé se trouver dans une fable où se passent des choses très curieuses : sèche-main d’air, vieux sages immortels, escaliers qui bougent, trains dans le ventre de la terre ».

    Rédacteur

    Zoe Tisset

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    Avant tout, se poser les bonnes questions, août 2017, trad. Italien Irene Rondanini, Pierre Bisiou, 217 pages, 18 €

    Sacrée Gaia !

    « Aujourd’hui je me suis levée, j’ai ouvert la porte de chez moi et je suis sortie dehors, dans la vallée où je vis ». Cet incipit donne au roman son cadre, dans le temps et l’espace. Le thème « aujour­d’hui je me suis levée » reviendra en refrain tout au long du roman comme pour témoigner de l’esprit qui anime la narratrice et lui dicte son ton, cette femme dont nous n’apprendrons le nom, Gaia, qu’à la page 28, un choix qui ne peut pas être innocent, avec sa référence à la mythologie grecque : c’est la Terre en personne, la Terra Mater des Latins.

    Vivant en Vénétie, Gaia relate son quotidien dans ce qu’elle appelle la vallée, un monde isolé, aux antipodes de la vie urbaine et civilisée. S’ennuyant, mais non sans une certaine allégresse, elle promène un drôle de regard sur son entourage. Sous sa plume, son père n’est nommé que géniteur, sa mère que génitrice. Après le départ de Grand-mère-d’en-haut et de Grand-père-d’en-haut, elle reste seule à la maison avec sa « génitrice » et livre des aperçus sur sa vision des choses qu’elle se réserve de développer plus tard : « nous donnerons de plus amples détails par la suite ». Elle est consciente de sa différence et du regard des autres.

    Rédacteur

    Fawaz Hussain

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    La Revenue, janvier 2018, trad. italien Nathalie Bauer, 240 pages, 20 €

     

    La romancière de Mia madre è un fiume(2011) a placé son troisième roman, paru en Italie en 2017 sous le titre L’Arminuta(Einaudi), sous la bannière épigraphique de la grande Morante. La mémoire, en effet, celle des étés perdus, court dans ce roman qui trouve chœur et résonnance dans les Abruzzes natales de l’auteur. L’argument est tout simple : une adolescente de treize ans, placée en famille d’accueil, « revient » dans le nid familial, au village. « La revenue », entre deux familles, deux mères, deux pères, se met à apprivoiser doucement ce milieu nouveau, ce réseau familial dont elle a été retirée, découvre ses frères, Vincenzo, Sergio, Giuseppe (attardé), sa sœur Adriana. La plongée est radicale pourtant : d’une famille (d’emprunt) à l’autre, le fossé est large, tant à propos des usages qu’à celui de la culture. La pauvreté a ici valeur ancrée, et elle vient d’une « mère » des villes, soignée, délicate. Elle réapprend la mesquinerie, l’étroitesse des vies, les bouts de vie raccommodée. Adalgisa, la mère qui a élevé l’enfant, poursuit, même de loin, l’aide qu’elle a toujours accordée à cette petite parente, accueillie pour de bonnes raisons. Fratrie trop grande, misère du village… et d’autres motivations que la chute du roman éclairera.

    Rédacteur

    Philippe Leuckx

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    Les ombres de Montelupo, traduit de l'italien par Sarah Amrani, 309 p. 21,50 €

     

    Retrouver le commissaire Soneri, ses doutes, son humanité profonde, ses agacements devant les errements moraux de ses congénères, ressemble à un rendez-vous attendu avec un ami de toujours. La proximité affective qu’éprouve ici le lecteur est d’autant plus forte que Soneri nous emmène cette fois sur les lieux et les traces de son enfance, de sa première jeunesse. Un village des Apennins, adossé à un mont brumeux (ah ! Les brumes de Varesi !), le Montelupo, et ses habitants, presque tous vieux après la désertion des jeunes vers les villes. C’est la fin de l’automne et les premiers froids viennent ajouter au silence, à l’isolement, à la peine.

    Soneri n’est pas là pour une affaire policière. Il revient pour arpenter les pentes du Montelupo, à la recherche de champignons, pour quelques jours de repos. De champignons (spoiler !) il n’en trouvera guère mais on s’en doute, une affaire bien mystérieuse lui tombe dessus dont il ne se mêlera en aucun cas ! Enfin un peu, peut-être, ou beaucoup en fin de compte.

    Rédacteur

    Léon-Marc Levy

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  • 05/28/18--04:03: Don Quichotte, Pietro Citati
  • Don Quichotte, 2018, trad. italien Brigitte Pérol, avril 2018, 192 pages, 19,50 €

     

    Pietro Citati lecteur de Cervantès

    Pietro Citati prouve combien le Don Quichotte de Cervantès reste un livre inépuisable. Dans ce roman premier, sorte de chant renversant et mystique (sous certains aspects) et farce de première importance, Cervantès mélange le rire à la douleur. Et l’auteur italien commente à sa manière cette symbiose en dépliant des plis inconnus de la robe de Dulcinée du Toboso comme des hauts de chausse du héros et de son fidèle écuyer. Il prouve comment Cervantès procède pour que bien des ombres et des chausse-trappes nous attirent là où la question que les deux héros, inconsciemment, se posent, se déplace sans cesse entre un « qui je suis » et un « si je suis ».

    Les mots de Cervantès ne font donc rien que constater les dégâts d’un héros premier de l’histoire du roman. Ecrire, rappelle l’Italien, est donc toujours croire à la vie mais dans un sens particulier. Et il appelle à l’éveil, à la lucidité du lecteur face à une œuvre hors norme et ses suites de fractures, merveilles, absurdités et critiques implicites. Celles-ci portent autant sur le rêve que sur la réalité. L’essai trace une nouvelle carte pour ce livre où se pose la question de leur sens.

    Rédacteur

    Jean-Paul Gavard-Perret

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    Noli me tangere, mai 2018, trad. italien Serge Quadruppani, 144 pages, 16 €

     

    Comment un roman a priori policier peut révéler des fulgurances métaphysiques ?

    « Noli me tangere » (Ne me touche pas… ou… Ne me retiens pas) est une locution latine tirée de la vulgate, version latine de la Bible. Elle fait référence à l’épisode pascal de la résurrection lorsque Marie-Madeleine découvre le tombeau vide et un étrange personnage qui s’avère être le Christ. L’expression traduit la parole de Jésus envers Marie-Madeleine. Comment faut-il l’entendre, si l’on veut faire une brève exégèse et sans vouloir offenser les interprètes accrédités ?

    Ce « Ne me touche pas » dit : je suis autre, j’ai changé, je ne relève plus des lois physiques de l’humanité. C’est un corps glorieux que Marie-Madeleine ne doit pas retenir, un corps de l’entre-deux, entre la résurrection et l’apothéose, entre outre-tombe et ascension. La formule latine instaure donc une distance entre l’invisible et le visible. Cet épisode a inspiré de nombreux peintres qui ont cherché à saisir ce moment sacré, ainsi Giotto, Fra Angelico, Bronzino, Le Titien, Nicolas Poussin… (pour n’en citer que quelques-uns). Il a inspiré également des théoriciens comme Jean-Luc Nancy et des écrivains. Parmi eux, Andrea Camilleri dans un livre, justement intitulé Noli me tangere.

    Rédacteur

    Charles Duttine

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    La Pension Eva, mai 2018, trad. italien Serge Quadruppani, 144 pages, 9 €

     

    Pour ses quatre-vingts ans, le romancier sicilien d’Agrigente s’inventa une enfance en plein conflit mondial. Le livre paru en français en 2007 est réédité pour notre plus grand bonheur. Ici s’allient humour, truculence, joie de raconter, découvertes propres à l’adolescence, éveil à la sensualité, à la sexualité…

    Nené – double sans doute du romancier – et ses copains Ciccio et Jacolino, pour qui la maison de passe « Pension Eva » devient un terrain de jeu, traversent cette période troublée – on gagne souvent les abris – à l’ombre des jeunes femmes et filles en fleurs. La Pension change de filles comme de chemises : tous les quinze jours, dans les belles semaines et beaux jours, une nouvelle « fournée » et ça fait le bonheur des locaux, des militaires, des jeunes oisifs, vitelloni siciliens, futurs étudiants palermitains.

    Rédacteur

    Philippe Leuckx

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    Petite femme (La figlia femmina), mai 2018, trad. italien Lise Caillat, 180 pages, 19,50 €

     

    Petite femme est un roman trouble à l’atmosphère pesante dont le sens se découvre lentement sous la forme d’un récit à la première personne où la narratrice, prise dans un faisceau de situations dont elle ne comprend pas, ou refuse de comprendre la terrible réalité, avance en aveugle jusqu’au moment où la vérité, ou pour le moins une partie de la vérité, s’impose à elle avec une extrême et définitive brutalité.

    L’auteur instaure et entretient une intense tension dramatique en entrecroisant deux niveaux narratifs.

    Au premier niveau, le lecteur assiste à un dîner organisé par la narratrice, Silvia, qui reçoit pour la première fois Antonio avec qui elle entame une relation amoureuse. Est présente Maria, treize ans, la fille de la maîtresse de maison.

    Durant toute la soirée, se développe devant Silvia un jeu de moins en moins équivoque entre une Maria faussement candide et de plus en plus séductrice et un Antonio qui se laisse prendre peu à peu à son badinage, à ses espiègleries de jeune fille qui « fait son intéressante » puis à ses avances de moins en moins voilées.

    Rédacteur

    Patryck Froissart

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